Rojava est le nom du Kurdistan syrien, dont la surface équivaut à trois fois celle du Liban, et où habitent 3 millions de personnes dont 20% de groupes minoritaires, essentiellement des Arabes et des Chrétiens (Assyros-Chaldéens). C’est l’une des quatre entités kurdes, les trois autres se situant en Irak où les Kurdes disposent d’une autonomie réelle depuis plus de dix ans, en Turquie où ils combattent le régime d’Erdogan, et en Iran où leurs droits sont toujours bafoués.

À la faveur des printemps arabes de 2011, les Kurdes de Syrie se sont révoltés contre le pouvoir de Damas, et ont libéré en 2012 la plus grande partie de leur territoire historique.

— Femmes combattantes kurdes de Syrie (© Valérie Labadie)

 

Depuis, ils y développent un système de gestion autonome sans équivalent au Moyen Orient, reposant sur les principes de démocratie directe, de laïcité, d’égalité femme – homme, etc.

Engagés en parallèle dans une lutte sans merci contre DAESH, dont la bataille de Kobané de septembre 2014 à janvier 2015, véritable Stalingrad moderne, ne fut qu’un épisode, nos amis du Rojava, ont rapidement compris que les seules victoires militaires ne suffiraient pas : face à l’islamisme, il fallait aussi mener le combat sur le plan des idées.

— Jeunes du Rojava (© Valérie Labadie)

 

Ardents défenseurs de l’esprit des Lumières français, les Kurdes ont alors demandé à Patrice Franceschi, écrivain engagé à leurs côtés depuis de nombreux années, de les aider : c’est ainsi qu’est née l’idée du CCFR – “centre culturel francophone du Rojava” – à la fois lycée français, villa Médicis et Alliance française. Mais à titre privé et associatif.

— Premier bâtiment du Centre (© Pierre Audat & Associés)

 

À terme, une bibliothèque, des salles de cours, des logements, une salle de spectacle, un terrain de sport et des espaces d’exposition doivent émerger sur un terrain de 5 hectares déjà alloué par les autorités du Rojava dans la commune d’Amuda, où se situe l’administration du territoire kurde.

À l’image des caravansérails, ce centre constituera une halte où chercheurs, artistes, voyageurs et surtout habitants viendront partager, apprendre et transmettre leur savoir.